Modèle freemium


#1

Bonjour,

je m’intéresse aux modèles Freemium d’accès aux données ouvertes, j’ai en tête les exemples de la SNCF et de la RATP.
est-ce que quelqu’un sait quel est le seuil à partir duquel les données deviennent payantes et à quel prix?
cela cadre-t-il avec la législation en vigueur (ou à venir)?

est-ce que vous connaissez d’autres cas? avez vous des lectures sur le sujet à me recommander?

merci

stef


(Etienne PICHOT DAMON) #2

Bonjour,
De ce que j’en sais, d’un point de vue législatif, on tend clairement vers la gratuité. Pour les transports, la Loi d’Orientation des Mobilités va dans ce sens. De même pour la directive européenne 2010/40/UE, complétée par ce règlement. Certaines exceptions peuvent être faites, mais il faut qu’elles soient vraiment justifiées.

Pour quels types de données et quel type de structure posez-vous cette question ? Car en France, la Loi pour une République Numérique s’applique depuis un moment, et pose un principe de gratuité des données que doivent ouvrir les administrations et les acteurs investis d’une mission de service public.

D’un point de vue économique, je n’ai pas trouvé de chiffres sur les prix (au delà des 3000 appels API / jour pour SNCF). Mais de manière générale, une question se pose : est-ce qu’il y a plus à gagner à faire payer les données, plutôt que faciliter leur utilisation (et donc générer de l’usage et du service derrière).

Lire ce sujet très semblable dans ce post sur TeamOpenData, il y a plein d’autres arguments !


(Christian Quest) #3

En ce qui concerne les données de transport, la loi limite les montants que l’on peut percevoir aux seuls frais engagés… donc ça ne peut pas être une source bénéficiaire.

cf Art. L. 1115-1 2° e) "Les dérogations au principe de gratuité à l’égard des utilisateurs de masse, justifiées par des coûts significatifs de mise à disposition, sans toutefois que la contribution des utilisateurs puisse excéder ces coûts ; "

Une diffusion réellement “coûteuse” est très rare et reflète souvent de mauvais choix techniques et/ou de prestataires.

Bref, le freemium est souvent une impasse qu’il ne vaut mieux pas envisager d’emprunter.


#4

Bonjour Etienne,

Merci pour ta réponse.

Ma question peut concerner n’importe quelles données qui seraient mises à disposition à titre onéreux à partir d’un certain seui: transport, méteo, etc.
comme je vois que la SNCF et la RATP sont deux cas célèbres, j’y fais référence.

Ces deux entreprises ont-elles réussi à justifier la facturation de leurs données (comme le veut la loi d’orientation des mobilités) ? ou alors elles ont simplement imposé ces situations sans se faire rappeler à l’ordre?

je suis d’accord avec la question que tu poses " est-ce qu’il y a plus à gagner à faire payer les données, plutôt que faciliter leur utilisation". Et c’est justement pour y répondre que je lançais ce petit débat. La réponse implicite de la RATP et de la SNCF, c’est qu’il vaut mieux controler/facturer ses données à partir d’un certain seuil.
est-ce que je dois comprendre de vos réponses (@cquest), que la loi impose la gratuité, mais que la SNCF ou la RATP ont préféré gardé la main sur la communication à grande échelle (au-dessus du seuil) de leurs données “stratégiques”?

je pense qu’il y a encore beaucoup de fantasmes et d’inconnues autour des données, en discuter permet de démystifier les choses. On ne dispose donc d’aucun chiffre pour voir qui est prêt à payer, combien et quelles rentrées pour la RATP ou la SNCF?

merci et bonne journée!

Stef


#5

je suis tombé sur la grille tarifaire d’une startup anglaise qui a également un modèle freemium pour mettre des données de transport à disposition:
https://www.transportapi.com/plans/

j’ai trouvé ça en lisant l’article https://donneesouvertes.info/2015/06/19/la-marchandisation-des-donnees-sncf-nest-pas-la-reponse-a-google/


(Etienne PICHOT DAMON) #6

Sur la grille tarifaire que vous proposez en exemple, vous voyez justement que la donnée brute en elle-même n’a pas de véritable valeur. En revanche quand on y associe du service (traitements, ajout de contexte, service d’intégration, garanties et support…), et bien on peut imaginer de la facturation.

Mais encore une fois, tant qu’on ne saura pas sur quelles données et sur quelle structure vous souhaitez vous projeter précisément, difficile d’aiguiller et d’adapter les arguments…

Et sinon, les chiffres sur les rentrées d’argent (pour SNCF en tout cas) ne sont pas publiés. Mais vous avez cette phrase de cette interview qui est assez explicite :

“Notre modèle est organisé par le volet Open Data de la Loi Macron. Dans ce cadre, nous facturons l’API aux gros utilisateurs uniquement avec un modèle freemium. Mais le vrai retour sur investissement est ailleurs : il réside dans les nouveaux cas d’usages générés par l’API pour développer de nouveaux points de contact avec le client, et mieux diffuser l’offre de mobilité SNCF.”


(Christian Quest) #7

Pour une entreprise qui n’est pas soumise à une obligation réglementaire, elle peut faire ce qu’elle veut en terme de freemium, c’est la liberté d’entreprise !

Un bon exemple lié à OpenStreetMap:

  • les données sont gratuites pour tout le monde
  • des entreprises (par exemple jawg.io, mapbox.com) proposent des services sur ces données et les font payer avec une première tranche gratuite