Numéro spécial de Statistiques et Société sur l'open data


(Samuel Goëta) #1

Bonjour,

@acourmont et moi-même avons coordonné au début de l’année le numéro spécial de la revue Statistiques et Société sur l’open data publié par la Société Française de Statistiques. Malheureusement, le site est tombé en rade pratiquement après la publication du numéro. Le site remarche, je vous partage donc les articles de ce numéro spécial.

Mon article revient sur l’histoire d’Etalab et retrace les évolutions de la mission suivant aussi celles des politiques d’open data en France :

Une petite histoire d’Etalab : Comment l’open data s’est institutionnalisé en France
« Etalab » est le nom de la structure administrative qui a été créée en France en 2011 pour promouvoir l’ouverture des données publiques. Initialement tournée vers le développement de services privés innovants utilisant ces données, cette structure s’est donné ensuite d’autres objectifs : créer une communauté d’utilisateurs, transformer l’action de l’État. Parallèlement, ses critères de réussite ont évolué : au début, il s’agissait de maximiserle nombre des fichiers rendus accessibles, progressivement l’accent a été mis sur des critères de qualité, pour aboutir à la notion de « données de référence » présente dans la loi de 2016.

Dans son article, @acourmont analyse les différentes épreuves à travers lesquelles passe un jeu de données avant son ouverture :

De la « donnée » à la « donnée ouverte » : les épreuves de l’ouverture des données
L’expression « ouverture des données publiques » peut suggérer, à tort, qu’une simple décision administrative suffirait à rendre accessibles des « gisements d’information » préexistants. En réalité, c’est d’un processus d’ouverture qu’il faut parler. On peut le décomposer en trois phases : l’identification, la publicisation, et l’extraction proprement dite. Ce n’est qu’au terme des « épreuves de diffusibilité » que les données peuvent être dites « ouvertes »

Nous avons aussi conduit un entretien avec @cquest pour discuter de la genèse et des conditions concrètes de mise en oeuvre de la base adresses nationale :

« Mettre l’utilisateur au centre de la diffusion de données »
La loi pour une République numérique a impulsé la création d’un service public de la donnée, dont une des missions centrales est de mettre à disposition des bases de données dite de référence. Ces données « constituent une référence commune pour nommer ou identifier des produits, des services, des territoires ou des personnes ; sont réutilisées fréquemment par des personnes publiques ou privées autres que l’administration qui les détient ; leur réutilisation nécessite qu’elles soient mises à disposition avec un niveau élevé de qualité ». La base adresse nationale est l’une des neuf bases de données de référence. Dans cet entretien, nous revenons avec Christian Quest, coordinateur de la base adresse nationale au sein de la mission Etalab et président d’OpenStreetMap France de 2014 à 2017, sur l’origine de cette base et les conditions nécessaires pour que celle-ci devienne une donnée de référence.

Jonathan Gray, enseignant-chercheur à Kings College et head of policy and ideas à l’Open Knowledge Foundation, propose une réflexion intéressante sur les mondes de données qui se déploient grâce à l’open data :

Quand les mondes de données sont redistribués : Open Data, infrastructures de données et démocratie
L’open data, défini comme un ensemble d’idées et de conventions qui transforment l’information en une ressource publique réutilisable, est promu pour des objectifs variés : améliorer la transparence des institutions publiques, créer des projets qui renforcent la démocratie, stimuler la croissance économique. Les infrastructures sociales et techniques qui soutiennent l’open data recomposent les « mondes de données » : de nouveaux collectifs sociaux se forment, de nouvelles pratiques créatrices de sens apparaissent. Des initiatives politiques transnationales voient le jour. Loin d’être une simple « libération » des données, cela ne va pas sans traduction, médiation, et de nouvelles pratiques sociales. Mais ce mouvement peut-il servir de base d’une délibération démocratique plus riche, ou est-il voué à institutionnaliser socialement diverses formes de bureaucratisation et de marchandisation ?

Flavie Ferchaud, doctorante à l’université Rennes 2, propose de réfléchir à la capacité d’empowerment des données ouvertes lorsqu’elles sont directement captées par les citoyens en s’appuyant sur deux cas d’étude, Adem à Gand et Ambassad’Air à Rennes :

La captation citoyenne de données urbaines favorise-t-elle l’empowerment ?
Le droit d’accès à l’information publique est devenu une norme. Les politiques d’ouverture des données publiques sont encouragées, au niveau de l’État comme des collectivités territoriales. Elles répondent à deux enjeux : la création de valeur d’une part, la transparence d’autre part. En 2014, dans un article intitulé « L’open data peut-il (encore) servir les citoyens ? », Samuel Goëta et Clément Mabi dressent un bilan nuancé, mais concluent que les données ouvertes ne créent pas d’empowerment. Les données en créent-elles davantage quand elles sont captées, puis partagées par des habitants ?

Bonne lecture !


(PRIOL) #2

Merci Samuel de ce partage. Un dossier passionnant !