La Gazette se lance comme prestataire de portail open data

mais aussi données décisionnelles…

Quelqu’un en sait davantage, notamment sur les technos qu’il y a derrière, d’éventuels partenaires, les fonctionnalités de leur outil ?

http://www.lagazettedescommunes.com/open-data-gazette/

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Aucune idée des technos derrière mais ce que j’ai vu sur les deux vidéos me laisse perplexe sur la solution et me semble bien loin des vrais enjeux de l’OD territorial

Pour cette nouvelle solution, l’OD c’est avant tout répondre à la loi par des “indicateurs” a gogo, des dataviz lambda, la comparaison de territoires, bref de la scénarisation de données en mode “tableau de bord décisionnel”, quand je vois ça je me dis qu’on est bien loin de ce que devrait être un portail OD…mais c’est mon avis basé sur les deux vidéos :wink:

d’ailleurs @romainmazon est ici donc il devrait pouvoir nous en dire davantage :wink:

Très orienté communication en effet… pourquoi pas, mais bon, l’expérience des années passée n’a pas montré que les services de com étaient les plus pertinents pour s’occuper efficacement opendata sur le long terme.

Il faudra voir aussi si les solutions techniques retenus permettent bien le moissonnage pour qu’on retrouve ces données sur data.gouv.fr car la multiplication de portail locaux n’aide vraiment pas à la découvrabilité des données disponibles… il faut déjà découvrir le portail !

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Honnêtement, 90% des collectivités pourraient répondre à leurs obligations en s’appuyant sur un compte data.gouv.fr sans rien installer. Ensuite, il s’agit d’intégrer les données dans son propre site avec un truc genre Metaclic qui tape dans l’API.

Le côté dahsboard, ça “pète” mais ça ne sert pas à grand chose. Encore de la “comm”, comme au début de l’OpenData. La solution n’est pas dans le produit mais dans une acculturation à l’opendata mais voilà, ça ne se vend pas en tant que tel: il faut du temps.

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Bonjour à tous

Pour concevoir ces services, nous sommes partis du constat que peu de collectivités s’étaient lancées dans l’opendata, et que celles qui l’avaient fait étaient souvent déçues des usages générés. Nous avons donc réfléchi à ce qui pouvait les aider/convaincre. Pour faire court, les freins sont :

  • je n’ai pas de données intéressantes sur mon territoires >> notre réponse : en fait si, via les bases nationales exprimées au niveau infracommunal ou communal
  • il y a peu d’usages et de réutilisations >> les données brutes sont effectivement peu parlantes. Si on présente des “indicateurs” c’est-à-dire des données croisées avec une autre, alors ces données prennent du sens pour les citoyens, les entreprises, les réutilisateurs, et peuvent encourager à la visite, puis à la fréquentation des données tout court.
  • ça demande un effort et ça ne nous sert à rien >> ça peut vous aider à présenter les dynamiques de votre territoire, donc devenir un facteur d’attractivité
  • Nous n’avons pas de données facilement publiables depuis notre SI >> prenez votre temps, publiez ce que vous pouvez, en suivant les standards, le socle commun…
    L’autre branche, c’est que, proposant 250 à 300 indicateurs à chaque échelon territorial, on peut le transformer en outil d’aide à la décision pour les équipes internes, élus et agents : on sait que les collectivités (en général) accèdent peu à leurs propres données, les connaissent mal, et qu’un des points d’attention permanent c’est la comparaison avec des territoires similaires. L’outil d’aide à la décision offre ces fonctionnalités, ainsi que des indicateurs prédictifs, pour ajuster les politiques publiques à la réalité des besoins des territoires (pour faire vite).
    L’outil est plus orienté aide à la décision que communication. C’est le besoin qui est le plus remonté dans les groupes de travail que nous avons organisé, avec des collectivités.
    Voilà nos paris, qu’on espère pas hasardeux

Tout ce vous dites par ailleurs sur le fait que les 4500 collectivités visées par la loi Lemaire, ou les 40 000 collectivités en général pourraient publier sur data.gouv.fr est tout à fait vrai, sauf qu’elles ne le font pas et qu’on a donc cherché comment les convaincre de le faire. Et la plateforme sera évidemment interfacée avec data.gouv.fr

@BorisM : ça devrait être quoi un portail OD pour vous ?

bonne journée

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Je pense que les réutilisations de données locales resteront marginales si ces données ne sont pas standardisées et agrégées d’une façon ou d’une autre.

Depuis 2014, dans le cadre de la BANO, je tente d’agréger les données adresses disponibles en opendata et il faut vraiment être hyper méga motivé pour le faire !

Les freins:

  • aucune homogénéité dans les données proposées
  • diversité de formats et surtout de structure
  • non stabilité des liens de téléchargement
  • mise à jour aléatoire

Pour les points évoqués ci dessus:

  • je n’ai pas de données intéressantes sur mon territoires: si bien sûr, le socle commune de données locales et un (tout petit) premier pas. En fait, les collectivités n’ont souvent même pas un inventaire de leurs données… je ne parle même pas de leur RIP, qu’elles devraient avoir depuis 2005. Par contre, la “reprise” de données nationales en locale est certes utile mais ne dois pas dédouaner les collectivités de publier leurs propres données. Il faut aussi très bien identifier ce qui provient de jeux externes et de jeux internes. Le très mauvais exemple pour moi c’est pas exemple le portail de la région Île-de-France… beaucoup de jeux de donnée y sont disponibles, la majorité ne proviennent pas de la région et sont bien souvent obsolètes (copies non mise à jour plutôt que de pointer vers la source d’origine). Ce n’est qu’une façon de gonfler artificiellement le nombre de jeux de données.

  • il y a peu d’usages et de réutilisations : c’est sûr vu qu’on est loin d’avoir atteint une masse critique utile (cf mon point sur les adresses). De plus, la Loi ne conditionne pas l’ouverture des données à un nombre d’usages et de réutilisations…

  • ça demande un effort et ça ne nous sert à rien : un effort, c’est certain, mais il y a un premier retour interne qui souvent est positif car cela oblige aussi à revoir sa gestion interne des données… souvent gérées en silos, souvent en doublons, etc…

  • nous n’avons pas de données facilement publiables depuis notre SI : ça rejoint ma remarque précédente… faire le ménage, y compris au niveau des outils qui “enferment” trop souvent les données. Oui, on part sûrement d’une situation où ce n’est pas simple, mais ce n’est pas une raison pour ne pas travailler à améliorer cela.

Il faut vraiment pousser pour avoir des données respectant des schémas communs, sinon, on ne fera qu’aligner des centaines de milliers de dataset totalement inexploitables ou à l’impact vraiment anecdotique.

En tant que réutilisateur de données, les portail locaux ne me servent pas à grand chose (trop nombreux, pas homogènes), mais je comprends aussi que cela puisse être un élément de motivation locale pour s’approprier le sujet de l’opendata.

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On est très exactement sur les mêmes constats, démarches et volonté.
Le service “plateforme d’attractivité et opendata” est doté d’un middle office pour que les collectivités publient leurs propres données ; il fait référence au socle commun en incitant à la standardisation des données et à l’homogénéisation des formats.

Bonjour merci pour toutes ces infos,

  • je ne suis pas forcement d’accord avec “les données brutes sont peu parlantes” il me semble au contraire que c’est à ce niveau que se trouve les fondements de l’OD, à savoir mettre en circulation des données qui traditionnellement restaient cloisonnées afin de leur permettre une nouvelle vie (par croisement, spatialisation visualisation, analyse,…). Certes ici on s’adresse à un certain public mais dans les faits ce sont les personnes un peu sensibilisées aux données qui se réapproprient les données ouvertes et non le grand public. Mais oui faut aussi envisager d’autre médium d’appropriation.

  • Mais personnellement je suis pas convaincu de la prédominance de la dimension tableau de bord, indicateurs, car l’éditorialisation trop poussée des données me semble trop orientée communication. Si c’est pour montrer pleins de dataviz et de chiffre clefs, pour moi c’est pas de l’OD, il faut aussi susciter l’intérêt des personnes à s’approprier ces données pour les faire parler à leur manières (l’exemple des dataviz à la demande sur les portails OpenDataSoft est un très bon exemple), si tous le travail est mâché c’est dommage et on s’éloigne des fondements de l’OD, bref l’équilibre est compliqué à trouver.

  • De plus il faut faire attention quand on parle d’indicateurs, il y en a une multitude, la densité de population ou le taux de chômage me semble pas être des indicateurs mais plus des chiffres clefs. Si un prestataire privé commence à produire des indicateurs plus robustes et stratégiques pour des acteurs publics il faut absolument une transparence dans les données moulinées et les méthodes mobilisées sinon on tombe dans des effets d’annonces de chiffres magiques sortis du chapeau pour venir quantifier et qualifier des territoires et in fine les politiques publiques des mêmes acteurs. C’est pour cela que 300 indicateurs à chaque échelons territorial me laisse perplexe…

Quand à la question ça devrait être quoi un portail OD, il n’y a pas de réponse précise tant les dispositifs et stratégies des acteurs sont hétérogènes, mais à mon sens un bon dispositif d’OD territorial doit au moins s’articulé autour de ces quelques points (non exhaustifs) :

  • Mise à disposition de données dans des standards ouverts
  • Recherche aisée des données disponibles (via de vraies métadonnées)
  • Interopérabilité et mise en connexion avec des catalogues régionaux et nationaux pour recensement (automatisée) des (méta)données
  • De l’éditorialisation de données (cartes, dataviz, dashboard,…) pour susciter l’intérêt mais pas trop :wink:
  • Une dimension de mise en relation des acteurs impliqués (sorte de réseau social des producteurs et utilisateurs des données pour instaurer un vrai dialogue entre acteurs)

bref si j’avais l’idée parfaite je monterais ma boite, car c’est sur qu’il y a un vrai marché :smile: